4/02/2015

Sanatın Sosyolojisi 2 - Sosyo-psikolojik değerler / toplumsal, tanrısal / sanatsal zihin, sözsüz destek / figüratif resim hareketsiz / resim algı harektli

P.Francastel – Sociology of art – Socio-psychological values
Our age takes the view that social environment determines the forms of thinking and it attaches to this thinking form a sort of autonomous existence, removable of its means of expression. Our age imagines ideas originated from an entirety seeking to take form through the mean of languages, thereby loosing sight of the indissoluble unity of the signifier (grapheme) and the signified (meaning) of which the relation is always dialectic and not causal. It is therefore more often assumed that languages belong to the sphere of information and not surprisingly this doctrine emerges stating two contemporary thinking trends: scientism and romantic intuitionism. When one lays down the principle that some existing values emanate from human thought, one is immersed in immanence. The success of media doctrines is the modern days form on neo-platonism.
During the 15th century, this doctrine evolved at the crossroads of an innovation of scientific thought and metaphysics. We are now living through a new era of conciliation of two important truths: the faith in an entirety – social or divine – and the faith in techniques – including those of reflexive thought. Applied to arts, the information doctrine thus designed implies the existence of an imaginary model on which representative elements will be selected. Raised up as a system, any intellectual activity generates a new issue of the real and imaginary. No form of creative expression can provide a solution, even the best one, to an hypothesis derived from the exploration of the real world. Abstraction does not lead to the discovery of an explanatory scheme of the universe. Art, as any other languages, forms a way to understand some lessons of experience, not in order to provide an approximate solution to the universal riddle, but in order to suggest differentiated modes of action.
There is an artistic thinking, separated from the mathematical, or the physical, biological or political thinking. This thinking possesses the specific feature, among many others, to use a non-verbal media and support. For this, it is with verbal and mathematical thinking, one of the three powers of the human spirit. During the first years of the 20th century, scientism was customary; the world was astonished by the daily renewed applications of, not so much sciences, but rather of techniques. The universe metamorphosed like a sort of spectacle of mutations. Nothing was being more secure, during centuries, than the physical environment of mankind; the only mirages men were nourished and enchanted with, came from art or magic. And, as once, a covenant was elaborated between art and magic, consequently and even obviously, a new covenant between art and sciences was rapidly sealed. Another obvious question is if, both concepts of space and time have a character of reality or if we impose a particular value of a conventional division, now outdated, of mind activities. The dialectic of space and time is a permanent element of figurative art. The human eye never catches a spectacle without motion. The motion of the universe is eternal and our brain activity permanent. The figurative image is still but its perception mobile. To see is an action, the mind is not passive, recording a different visual representation different for each observer. Nowadays, the mechanisms of vision, of interpreting figurative artworks generate misinterpretation that stems from the fact that the public sees the image based upon a class of objects entirely different from objects and figurative signs of the last five hundreds years. The photography widespread the idea of a wider, instantaneous, automatic reading of any image. There is no common appreciation between medieval image or at the Renaissance and the contemporary image. Medieval compositions were linked to plays of scenes from pious legends that played such an important role in people's lives: Sacra rappresentazione, Mystery plays. As for both senses and spirit, images reflected, not a fluent performance of the world, but knowledge developed for civilisations through several different experiences and tradition. They came to imagination during long ritually orchestrated stands, slowly assimilated according to a gradual execution and time impregnate this knowledge guarantee of wisdom. We dug into the deep memory of both what we saw and what we knew through which the dialectic between time and space emerged much differently from what prevails today.


P.Francastel - Sociologie de l'art – valeurs socio-psychologiques
Notre époque considère que c'est le milieu social qui conditionne les formes de la pensée et elle attribue à cette pensée une sorte d'existence autonome, détachable de ses moyens d'expression. Elle imagine que les idées naissent en quelque sorte dans l'absolu et qu'elles cherchent ensuite à « s'incarner » par le moyen des langages, perdant ainsi de vue l'indissoluble unité du signifiant et du signifié dont le rapport est toujours dialectique et nullement causal. On considère ainsi de plus en plus, que les langages appartiennent au domaine de l'information et il n'est pas surprenant de constater la rencontre de cette doctrine de deux grands courants de la pensée contemporaine : le scientisme et l'intuitionnisme romantique. Lorsqu'on pose en principe qu'il existe des valeurs préexistantes aux activités de la pensée, on plonge nécessairement dans l'immanence. Le succès des doctrines de l'information, c'est la forme moderne du néo-platonisme.
Au 15ème siècle également, cette doctrine s'était développée au point de rencontre d'un renouveau de la pensée scientifique et de la métaphysique. Nous vivons de nouveau une ère de conciliation entre deux vérités : celle de la foi dans un absolu – social ou divin – et celle de la foi dans les techniques – y compris celles de la pensée réflexive. Appliquée aux arts, la doctrine ainsi conçue de l'information implique l'existence d'un modèle imaginaire en fonction duquel se fait la sélection des éléments représentatifs. Le problème de la réalité des mathématiques n'est pas moins actuel que celui des rapports de l'art avec l'esprit. Erigée en système, n'importe quelle activité intellectuelle engendre de nouvelle problématiques du réel et de l'imaginaire. Il n'y a jamais fermeture du cercle, adéquation de l'expression et du réel. Aucune forme d'expression n'apporte de « solution », fût-elle la meilleure possible, à une hypothèse déduite de l'exploration du réel. L'abstraction n'engendre pas la découverte du schème explicatif de l'univers. L'art, comme tous les langages, est une manière d'enregistrer certaines leçons de l'expérience, non pas afin de nous fournir la solution approchée de l'énigme universelle, mais afin de nous suggérer des modes d'action différenciés.
Il existe une pensée plastique, distincte de la pensée mathématique, ou de la pensée physique, ou de la pensée biologique, ou de la pensée politique. Cette pensée possède ce trait particulier parmi beaucoup d'autres d'utiliser un médium ou un support non-verbal. A ce titre, elle est avec la pensée verbale et la pensée mathématique une des trois puissances de l'esprit humain. Dans les premières années du 20ème siècle, la mode était au scientisme ; le monde était saisi d'étonnement devant les applications chaque jour renouvelées non pas tant des sciences que des techniques. L'univers se métamorphosait comme une sorte de spectacle à transformation. Rien n'avait semblé plus sûr, pendant des siècles, que l'environnement physique de l'homme ; les seuls mirages dont celui-ci s'était nourri et enchanté, lui étaient venus de l'art ou de la magie. Et comme, jadis, un pacte s'était établi entre l'art et la magie, il est naturel qu'entre l'art et la science un nouveau pacte se soit vite scellé. On peut naturellement se demander si, réellement, les deux notions d'espace et de temps possèdent un caractère de réalité ou bien si nous leur accordons une valeur que dans le découpage entièrement conventionnel, et aujourd'hui dépassé, des activités de l'esprit. La dialectique de l'espace et du temps est un élément permanent de toute création figurative. Notre œil ne saisit jamais un spectacle immobilisé. Le mouvement de l'univers est éternel et l'activité de notre cerveau permanente. L'image figurative est fixe, mais sa perception est mobile. C'est une action que de voir, l'esprit n'est pas passif, enregistreur d'une représentation qui est différente pour chaque observateur. De nos jours les mécanismes de vision, de lecture des ouvrages figuratifs suscitent des fausses interprétations qui viennent du fait que le public voit l'image en fonction d'une catégorie d'objets entièrement différente des objets et des signes figuratifs ayant eu cours durant les cinq derniers siècles. C'est la photo qui a répandu cette idée d'une lecture globale, instantanée, automatique de toute image. Il n'existe aucune commune mesure entre la situation de l'image au Moyen-Age ou même à la Renaissance et de nos jours. Les compositions médiévales se liaient avec des spectacles en action qui jouaient dans la vie des hommes un si grand rôle:Sacra rappresentazione, Mystères. Aussi bien par les sens que par l'esprit, les images renvoyaient non pas au spectacle fluent du monde, mais à des connaissances élaborées au niveau des civilisations. C'étaient des sommes d'expérience et de tradition. Elles s'imposaient à l'imagination au cours de longues stations rituellement orchestrées, on les assimilait lentement, en fonction d'une lente maturation et le temps les imprégnait parce qu'elles formaient le dépôt d'une longue sagesse. On puisait à la fois dans sa mémoire des choses vues et des choses sues, par quoi s'établissait une dialectique de l'espace et du temps toute différente de celle qui prévaut aujourd'hui.

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