Elif Shafak March 1, 8:33 AM LA Books Examiner Frank Mundo


In Turkey, award-winning novelist Elif Shafak is a mega-star, the bestselling author of nine acclaimed books (seven of which are novels), and the most widely-read female author in the country. In the US, however, Shafak is probably best known for the controversy surrounding her 2007 novel, The Bastard of Istanbul, a brave and ambitious work for which she was indicted and prosecuted (and ultimately acquitted) under Article 301 by the Turkish government. The LA Books Examiner is pleased to announce the release of Shafak’s newest novel, The Forty Rules of Love.

The Forty Rules of Love is a modern love story between a bored Jewish-American housewife/literary agent named Ella Rubenstein and the charming and mystical Aziz Zahara, a novelist in Holland, whose relationship seems to mirror Rubenstein’s first assignment: a manuscript that describes the 3-year relationship between mystic Sufi poet Rumi and Shams of Tabriz.

I recently had the great opportunity to interview Elif Shafak. Please take a few more minutes to read the revealing interview below.

Q. The Forty Rules of Love is already a bestseller in Turkey. What are your hopes for this book in the US, and who do you feel is your target audience?

A. In today’s world there are two currents side by side. On the one hand there is a growing interest in Rumi’s philosophy & poetry, in Sufism and mysticism. On the other hand there is also too much ignorance and too many stereotypes with regards to Islam. My novel will come against this kind of background. I am excited about the US launch of The Forty Rules of Love and I look forward to hearing the thoughts of the American people. I do not have a specific target audience in mind. The doors of my novel are open to everyone regardless of religion, class or race. ]…] Readers of all walks of life have embraced the story and this is something that I cherish.

Q. What does Sufism mean to you, and why does it play such a major role in your work and in your life?

A. My interest in Sufism began about 16 years ago when I was a college student. At the time I was intrigued by the subject. As years passed I kept reading. Annemarie Schimmel, Idris Shah,Coleman Barks, William Chittick, Karen Armstrong, Sachiko Murata, Kabir Helminski. I see Sufism as a tapestry of colors and patterns. In my novel Sufism is not introduced as a theoretical, abstract teaching. It is a living, breathing, moving, peaceful energy. I am interested in what Sufism means for us in the modern world. I wanted to bring out how Rumi’s philosophy appeals to us today, even when we seem to be miles and centuries and cultures away from it.

Q. Can you talk about the forty rules of love? Where did they come from and why did you choose to share them?

A.The rules of love were shaped as I kept writing the novel. It was the characters in the novel that inspired them. Shams of Tabriz was a beautiful person who challenged dogmas and opened his heart to all humankind. He had great influence on Rumi. I shaped the rules with the inspiration they have given me and I wanted to share it with readers everywhere.


Q. You’ve said that the opposing cultural and religious views of your grandmothers taught you some important lessons that helped solidify your own views. Can you discuss this experience and how it fits into your writing?

A. I am a person interested in nuances and shades. Observing my two grandmothers helped me to see the nuances inside faith & religion. One of my grandmothers was a woman for whom religion very strict and God was always ready to punish. It was a more narrow interpretation of religion, based on guilt and fear. For my maternal grandmother however, religion was about love and tolerance and acceptance. She was and still is in constant dialogue with the entire universe, which she sees as fluid. I have a great interest in women’s culture, oral culture, folk Islam, superstitions, and the magic of life… I like to bring the heritage of women into highbrow literature.


Q. Besides your grandmothers, who inspires you?

A. I was raised by a single working mother and she has been a true inspiration for me for many years. I saw firsthand how a woman had to struggle if she chose to live “without a man to protect her”. Over the years many things have inspired me. I have lived a nomadic life and traveling is always a source of inspiration. Istanbul too inspires me with her crazy rhythm. Life inspires me. Life is full of stories.


Q. What’s next for Elif Shafak?

A. I have started writing my new novel. With every book I feel like I'm making a journey into a new continent and this book will be very different than all the ones before. I like to constantly renew myself.

The Forty Rules of Love by Elif Shafak. February 2010. Penguin Group (USA). 384 pages.

March 1, 8:33 AMLA Books ExaminerFrank Mundo


Elif Shafak, est une femme écrivain primée très populaire en Turquie, auteure de neuf ouvrages (dont sept romans) la plus lue dans son pays. Ici aux Etats-Unis elle est connue pour la controverse autour de son roman La Bâtarde d’Istanbul un travail courageux et ambitieux qui lui valut d’être inculpée puis persécutée (pour finalement être acquittée) selon l’article 301 par les autorités turques.

Le LA Book Examiner vous présente avec plaisir la sortie de son nouveau roman The Forty Rules of Love (Les Quarante Règles d’Amour). Une histoire d’amour contemporaine entre une femme mariée juive-américaine, agent littéraire Ella Rubenstein et le séduisant et mystique Aziz Zahara, romancier en Hollande, leur relation semble refléter la première mission d’Ella Rubenstein : un manuscrit qui décrit une relation de trois ans entre un poète mystique Soufi Roumi et Shams de Tabriz.

J’ai récemment eu la formidable opportunité d’interviewer Elif Shafak. Prenez quelques minute pour jeter un œil sur cette entrevue.

F.M. The Forty Rules of Love est déjà un bestseller dans votre pays la Turquie. Quels ont vos espérances pour ce livre aux Etats-Unis et quel public pensez-vous atteindre ?

E.S. Deux courants distincts se côtoient dans notre monde contemporain. D’une part il y a un intérêt grandissant pour la philosophie et poésie Soufi Roumi, pour le soufisme et le mysticisme. De l’autre il y a trop d’ignorance et d’idées stéréotypées à l’égard de l’Islam. La sortie de The Forty Rules of Love aux Etats-Unis m’enthousiasme et j’ai hâte de connaître les avis des américains. Les portes de mon roman sont ouvertes à tous ceux qui ignorent les différences de religions, de classes ou de races. ]…] Des lecteurs d’origines diverses ont adhéré à cette histoire et c’est quelque chose qui m’est cher.

F.M. Que signifie le soufisme pour vous et pourquoi joue-t-il un rôle aussi important dans votre travail et dans votre vie ?

E.S . Je m’intéresse au soufisme depuis seize ans, quand j’étais lycéenne ce sujet m’intriguait. Plus les années passaient plus je lisais sur le sujet. . Annemarie Schimmel, Idris Shah,Coleman Barks, William Chittick, Karen Armstrong, Sachiko Murata, Kabir Helminski…Pour moi le soufisme est une tapisserie pleine de couleurs et de motifs divers. Dans mes romans, le soufisme ne se présente pas sous la forme d’un enseignement théorique et abstrait. C’est une énergie vivante paisible qui vous transporte. Je m’intéresse à ce que le soufisme peut apporter au monde contemporain. J’aimerais montrer comment la philosophie Roumie peut nous aider alors que nous semblons en être éloignés par des kilomètres, des siècles et des cultures.

F.M. Pouvez-vous nous parler des quarante règles d’amour ? D’où viennent-elles et pourquoi choisissez-vous de les partager avec nous ?

E.S. Les règles d’amour se sont dessinées au gré de l’écriture du roman, les personnages me les ont insufflées. Shams de Tabriz était une personne brillante qui défiait les dogmes et ouvrait son cœur à tous les êtres. Il était très influencé par la philosophie Roumie. Les règles se sont façonnées suivant l’inspiration que les personnages m’ont communiquée et je voulais la partager avec tous les lecteurs. ]…]

F.M. Vous avez dit que les avis contradictoires culturels et religieux de vos deux grand-mères vous avaient appris des leçons qui vous ont aidé à asseoir vos propres idées. Pouvez-vous nous parler de cette expérience et la relier à votre expérience d’auteure ?

E.S. Les nuances et les ombres m’intéressent. Regarder mes deux grand-mères m’a aidé à percevoir les nuances de la foi et de la religion. Une de mes deux grand-mères était rigide dans sa religion où Dieu était toujours prêt à infliger une punition ; une interprétation sévère de la religion fondée sur la culpabilité et la crainte. Pour ma grand-mère maternelle au contraire la religion était liée à l’amour, la tolérance et la reconnaissance. Elle est comme toujours en contact avec l’univers entier qu’elle considère comme un fluide de vie. La culture des femmes, la culture orale, l’islam populaire, les superstitions et la magie de la vie m’intéressent. J’aime faire rayonner l’héritage des femmes dans la littérature.

F.M. Outre vos deux grand-mères, qui vous a inspiré ?

E.S. J’ai été éduquée par une mère seule qui devait travailler et c’est bien elle qui m’a inspiré pendant des années. J’ai tout de suite été témoin du combat qu’une femme devait mener quand elle choisissait de vivre ‘sans homme pour la protéger’… Ensuite beaucoup de choses m’ont inspiré. J’ai eu une vie de nomade et les voyages aussi m’ont beaucoup inspiré. Istanbul et son rythme de fou m’inspire beaucoup également. La vie. La vie est pleine d’histoires.

F.M. Quels sont les projets d’Elif Shafak ?

E.S. J’ai commencé un nouveau roman. A chaque nouveau livre, c’est comme si je voyageais sur un autre continent et ce livre est vraiment différent de tout ce que j’ai fait auparavant. J’aime me renouveler sans cesse.

The Forty Rules of Love by Elif Shafak. February 2010. Penguin Group (USA). 384 pages.

Son site web : http://www.elifsafak.com.tr/index1_eng.asp?c=2

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