11/21/2013

Moğolistan – defin : tabut, yurt, renkler, din syncretism

In a provincial capital in eastern Mongolia, I had the opportunity to attend and take part in funeral. I propose to analyze the observed particular case as a representative example of the contemporary Halh Mongolian burial practice of the dead parents. This analysis is based on the detailed study of the coffin, its confection and its decoration requiring a specific know-how. This analysis leads to the scope of this practice and to the conception of the soul after death. Through the meaning given to the signs of the box and its lid, the analysis allows to identify the elements of shamanistic beliefs, Buddhist beliefs and soviet influences.
The body of the dead person under the sky and on earth ; a woman seamstress-carpenter has a bag with nylons (daavuu) for the inside of the coffin : blue, green, red, balck and white. The face of the dead woman will be pointing to the coffin blue side (höh), colour indicated by the Lamas and easily adopted since it also the coulour of the traditional eternal Mongolian sky  (tenger).  The green colour (nogoon) shows the earth (gazar), the same earth of the « nomadic shepperds and their cattles », in other words the space sheltering the dwelling, the family and the grazing land for the herds, Mongolian people also use this word for the land of ancestors. The white colour has two distinguishing features : it was the traditional Mongolian way of burials in the steppes, ancestral, shamanic and not imposed by the Buddhist clergy for most people and it is also a Buddhist notion of "soul purity". The seamstress explains that the red colour with a little bit of black shows the ‘sadness’ (uitgar) and the ‘last thought’ (süülijn sanaa) from the family to the dead person the day of burial. This red and black association are indeed symbols of Soviet socialism, nevertheless is used as external artifact of the coffin and never comes in contact with the dead person body. To this day remains the practice of ‘feeding the dead person’, a miniature Mongolian yurt (ger) is placed in order to recompose the act of burial of the dead person fed in his/her own dwelling.

Mongolian people prefer to live with, to combine in the best interest of their dead in a society witnessing an accelarating transformation. Summay of an article from Sandrine Ruhlmann.


Mongolie, enterrement : le cercueil, la tombe et la yourte miniature du mort
Dans une capitale provinciale de l’Est de la Mongolie, l’occasion m’a été donnée d’assister et de participer à des funérailles. Je propose d’analyser le cas particulier observé comme un exemple représentatif de la pratique mongole halh contemporaine d’enterrement des parents défunts. Cette analyse se fonde sur l’étude minutieuse du cercueil, de sa confection et de sa décoration qui requièrent un savoir-faire spécifique. Elle donne accès à la portée de cette pratique et à la conception de l’âme après la mort. Elle permet d’identifier, à travers le sens donné aux signes de la boîte et de son couvercle, des éléments de croyances chamaniques, de croyances bouddhiques et d’influences soviétiques.
Le corps du mort sous le ciel et sur la terre, ainsi une couturière-menuisière sort d’un sac des pans de « tissus » (daavuu) en nylon pour l’intérieur du cercueil : bleu, vert, rouge, noir et blanc.  Le visage de la défunte sera dirigé vers la face « bleue » défunte sera dirigé vers la face « bleue » (höh) du cercueil, couleur indiquée par les lamas et adoptée sans difficulté par les familles puisqu’elle représente le « ciel » (tenger) des Mongols. La couleur verte (nogoon) représente la « terre » (gazar), celle « des éleveurs nomades et du bétail », autrement dit le territoire sur lequel vit un foyer, une famille et les pâturages sur lesquels paissent ses troupeaux, les Mongols entendent aussi le territoire des ancêtres. La couleur blanche est présente à deux titres : elle représente l’ancien mode d’inhumation des morts dans la steppe, mode d’inhumation mongol traditionnel, ancestral, chamanique, et non imposé par le clergé bouddhique pour les hommes du commun, ainsi qu’une notion bouddhique de la pureté de l’âme. La couturière explique que la couleur rouge, et la présence toute relative du noir, représente la « tristesse » (uitgar) et la « dernière pensée » (süülijn sanaa) que la famille a pour le mort le jour de l’enterrement. Le rouge et le noir associés des couleurs emblématiques du socialisme soviétique, sont volontairement les couleurs extérieures, visibles, du cercueil qui ne sont pas en contact direct avec le corps du défunt.   Il reste aujourd’hui, de la pratique récupérée de ‘nourrir le mort’, le dépôt d’une « yourte » (ger) miniature, recompose la scène d’ensevelissement du mort nourri dans sa demeure.
Les Mongols préfèrent composer, combiner pour servir les intérêts de leurs morts dans une société en mutation accélérée. Résumé d’un article de Sandrine Ruhlmann.

11/20/2013

Savaş esirlerine tarihi : köle - değişim sistemi - yasal statü


PRISONERS OF WAR
Prisoners and detainees have always been a central aspect of war. Sometimes they even constituted the main motive for going to war. Ancient Rome, for instance, conducted several military campaigns with the main purpose of taking prisoners in the conquered territories that could then be enslaved. Throughout the history of war, the treatment of prisoners and detainees often was a litmus test for the efficiency of rules and constraints on warfare. More recently, the 2006 Lebanon war between Israel and Hezbollah arguably started as a conflict over captured or abducted fighters from both sides.
The historical trajectory of prisoners in war in three steps :
the first section provides an overview of the treatment of prisoners before 1789. Officers were allowed to return to their home country or to reside on their own in certain designated "parole towns" on condition that they gave their word of honour to refrain from returning to the on-going conflict. Ordinary soldiers were more likely to be induced to switch sides and join the adversary's armed forces if exchanging them was not possible.
Section two explains how the French Revolution and the nationalisation of war became a turning point in the history of prisoners in war. The French Revolutionary and Napoleonic Wars precipitated another major transformation in the prisoner of war regime: the exclusion of irregular fighters from legal protections.
Section three traces the dual – and sometimes paradoxical process – of the increasing politicisation and legalisation of prisoners and detainees throughout the 19th and the 20th century. As the Legal Codification of the Prisoner of War Regime, 1863–1977 was carried out, the 1929 Geneva Convention reiterated many of the protections that had already been included in the Hague Rules and added some new ones, such as the prohibition of reprisals against POWs (Prisoners Of War)
The modern prisoner of war regime was strongly influenced by armed conflicts between Europe and the non-European realm, both at Europe's peripheries and in the colonies. If anything, the legal codification of the prisoner regime was a European discourse about how and by whom war should be waged, rather than being a reflection of European customs and practices in war.  Sibylle Scheipers

PRISONNIERS DE GUERRE
Prisonniers et détenus ont toujours été un aspect central de la guerre et constituent parfois le mobile principal pour faire la guerre. En effet, la Rome antique a conduit plusieurs campagnes militaires dans le but de faire des prisonniers dans les territoires conquis qui plus tard deviendraient des esclaves. Tout au long de l’histoire des guerres, le traitement des prisonniers et des détenus représente une question décisive par rapport à l’efficacité des règles et des contraintes de la guerre. Plus récemment en 2006 au Liban, les combattants enlevés et capturés sont à l’origine de la guerre entre Israël et le Hezbollah.
On peut tracer l’évolution historique des prisonniers de guerre en trois étapes distinctes :
La première fournit un aperçu du traitement des prisonniers de guerre avant 1789. Les officiers étaient autorisés à retourner dans leur pays natal ou à résider seuls dans des ‘villes de résidence conditionnelle’ seulement et uniquement à condition de renoncer à s’engager de nouveau dans le combat. On incitait les autres soldats à changer de camp et à rejoindre les forces armées adversaires lorsque l’échange était impossible.
La deuxième étape voit la Révolution française et la nationalisation de la guerre devenir un point essentiel pour l’avenir des prisonniers de guerre. La Révolution française et les guerres napoléoniennes sont à l’origine d’un élément capital du devenir du traitement des prisonniers de guerre : l’exclusion des  combattants irréguliers des protections légales.
La troisième étape retrace le double accroissement – parfois paradoxal – entre la politisation et la légalisation du traitement des prisonniers de guerre et détenus du 19ème au 20ème siècle. Entre 1863 et 1977, les Dispositions Juridiques Applicables aux Prisonniers de Guerre se mettent en place et en 1929 la Convention de Genève reprend de nombreuses directives des protections déjà énoncées dans les règles de La Haye en en rajoutant quelques nouvelles telles l’interdiction des représailles envers les prisonniers de guerre.
Les dispositions juridiques modernes à l’égard des prisonniers de guerre sont fortement influencées par les conflits entre l’Europe et des territoires non-européens, en périphérie de l’Europe ou dans les colonies. Avant tout, la codification juridique du statut du prisonnier de guerre se situait dans un discours européen à propos du ‘comment’ et ‘par qui’ la guerre devait être menée plutôt que d’être une réflexion sur les habitudes et pratiques guerrières de l’Europe. 

11/18/2013

Orta Asya : göçebe, çobanlar – hayvancılık, yün, ata bilgi - Yenileştirme

Pastoralism in High Asia: the nomadic rationale in the grip of modernization.
In recent years a growing attention is given to pastoralism research and practice. Two reasons are mainly responsible : First, the growing awareness of the importance of rangelands and pastures in the framework of global and climatic change. Second, the different forms of external interventions in the pastoral realm that have significantly changed the degrees of freedom and have contributed to a shrinking space for pastoral communities. In postcommunist Mongolia, being a herder means not only possessing herds and applying ancestral knowledge, but also adapting to the new demands of the marketplace. Today this activity requires a system of reciprocity among herders and families, the employment of services specifically designated for herders, budget management, and the sale of livestock products. These activities require the close involvement of family members. Working from detailed information provided by a herding family, this study demonstrates various socioeconomic aspects of herding in Mongolia today.

This article considers social and economic aspects of the uses of wool and hair derived from domestic animals (sheep, goats, cows, yaks or crossbreeds, horses and camels) amongst the Kazakh population living in the western-most Mongolian province, Bayan-Ölgii. This province is mainly populated by Kazakhs, who form the country’s largest minority and are concentrated in the western provinces. The article begins by contextualising Kazakh households’ economic and domestic practices in the context of the recent past. It briefly outlines the framework for economic activity during the period leading up to the dissolution of the Soviet Union. It goes on to look at domestic uses of wool and hair today, and the social life around such uses and production routines in a small village in Bayan-Ölgii. The article thus explores how the uses of wool and hair from domestic animals are practices which reflect the economic and social situation of the household as well as wider societal processes.
Le pastoralisme en Haute-Asie : la raison nomade dans l'étau des modernisations
Ces dernières années, un intérêt croissant a été accordé aux pratiques pastorales et à la recherche sur ce domaine. Deux raisons peuvent être avancées : d’abord une prise de conscience de l’importance des prairies et des pâturages dans un contexte de changement global, en particulier climatique. Ensuite, les différentes formes d’interventions extérieures sur les communautés pastorales modifient considérablement leurs degrés de liberté et contribuent à réduire l’espace dont elles disposent. Dans la Mongolie postcommuniste, être éleveur c’est non seulement posséder du bétail et mettre en œuvre un savoir familial ancestral, mais aussi s’adapter à la nouvelle donne du marché. Aujourd’hui, cette activité exige la mise en place de réseaux d’entraide et de services pour la gestion du budget, la distribution et la vente des produits de l’élevage ; la famille y joue un rôle important. Fondée sur les informations détaillées fournies par une famille d’éleveurs, l’étude tente d’éclairer divers aspects socioéconomiques de l’élevage mongol d’aujourd’hui.
Cet article traite des aspects sociaux et économiques de l’utilisation de la laine et des poils d’animaux domestiques (moutons, chèvres, vaches, yaks ou hybrides, chevaux et chameaux) chez les Kazakh de la province de Bajan-Ölgij (Bayan Ölgii). Cette province de l’extrême ouest de la Mongolie est essentiellement peuplée de Kazakh, qui représentent la plus grande minorité du pays et qui se concentrent dans les provinces occidentales. L’article commence par replacer les pratiques économiques et domestiques des foyers kazakhs dans le contexte historique récent. Les activités économiques au cours de la période ayant précédé l’effondrement de l’Union Soviétique sont brièvement décrites. L’article aborde ensuite les usages domestiques actuels de la laine et des poils, ainsi que la vie sociale autour de ces usages et des procédés de fabrication dans un village isolé de Bajan-Ölgij, et explore comment les différents usages de la laine et des poils reflètent la situation économique et sociale du foyer domestique sur les plans économiques et sociaux, ainsi que des processus socio-économiques plus larges.

11/13/2013

Cyborg Amerika – robot - Neodimyum manyetik implant - Birleşme insan ve makine video klip / Cyborg America: inside the strange new world of basement body hackers / L’Amérique et les corps cyborg : l’étrange nouveau monde des ‘hackers’ du corps, vidéo







Cyborg Amerika – robot - Neodimyum manyetik implant - Birleşme insan ve makine

Cyborg America: inside the strange new world of basement body hackers
With the advent of the smartphone, many Americans have grown used to the idea of having a computer on their person at all times. Wearable technologies like Google’s Project Glass are narrowing the boundary between us and our devices even further by attaching a computer to a person’s face and integrating the software directly into a user’s field of vision. The paradigm shift is reflected in the names of our dominant operating systems. Gone are Microsoft’s Windows into the digital world, replaced by a union of man and machine: the iPhone or Android.
For a small, growing community of technologists, none of this goes far enough. Tim Cannon, a software developer,  lives in Oakdale, a Pennsylvania suburb about 30 minutes from Pittsburgh. For its future, the city has pinned much of its hopes on the biomedical and robotics research being done at local universities like Carnegie Mellon. Cannon led me down into the basement, which he and Sarver have converted into a laboratory. "Ever since I was a kid, I’ve been telling people that I want to be a robot," said Cannon. "These days, that doesn't seem so impossible anymore." "My partner and I were both kind of libertarians, really strong anti-authority people, but we didn’t fit into the two common strains here: idiot anarchist who's unrealistic or right-wing crazy Christian. We are just a couple like-minded individuals, who were like... techno-libertarians!" Cannon got his own neodymium magnetic implant, it allows a person to feel electromagnetic fields: a microwave oven in their kitchen, a subway passing beneath the ground, or high-tension power lines overhead. Cannon showed me a small device that sends out an electromagnetic pulse and measures the time it takes to bounce back. Cannon slips it over his finger and closes his eyes. " He twirls around the half-empty basement, eyes closed, then stops, pointing directly at my chest.  "Your brain works through electricity, so why not help to boost that?" He took a pair of electrodes off the workbench and attached them to my temples. A sharp pinch ran across my forehead as the first volts flowed into my skull. He and Sarver laughed as my face involuntarily twitched. "You’re one of us now," Cannon says with a laugh.

"People say nobody is going to want to get surgery for this stuff," admits Cannon. But he believes that will change. "They will or they will be left behind. They have no choice. It’s going to be weird and uncomfortable and scary. But you can do that, or you can become obsolete." The HELEDD is the next step to unite man and machine, it is a small device with sensors for heart rate, body temperature, and blood pressure. Cannons says : "We experience for the people who are going to come after us. All this will become socially acceptable later." Summary of an article from Ben Popper.


L’Amérique et les corps cyborg : l’étrange nouveau monde des ‘hackers’ du corps
A l’heure du smartphone les Américains s’habituent à avoir continuellement leur ordinateur sur eux. Des  technologies « prêtes-à-porter » comme les lunettes Google réduisent l’écart entre nous et nos appareils en reliant un ordinateur au visage et en intégrant explicitement le logiciel au champ visuel de l’utilisateur. Ce changement de paradigme s’inscrit dans les noms des logiciels d’application dominants. Finis les Microsoft’s Windows du monde digital et bienvenue à l’union entre l’homme et le machine : l’iPhone ou Androïd.
Pour une communauté restreinte d’adeptes de technologies modernes tout ceci ne va pas assez loin. Tim Cannon, concepteur de logiciels vit à Oakdale, une ville banlieue de Pittsburg en Pennsylvanie. Pour son développement futur, la ville a fondé ses espoirs sur la recherche biomédicale et la robotique menée au sein de l’université locale Carnegie Mellon. Cannon me conduit dans son sous-sol converti avec l’aide d’un ami en laboratoire. « Depuis ma plus tendre enfance je dis que je voulais devenir un robot » Cannon « Et maintenant on dirait bien que ce n’est plus si inaccessible. Mon partenaire et moi sommes des défenseurs des libertés civiles et contre toute forme d’autorité, mais nous ne nous intégrons pas dans ces deux mouvements encroûtés des ‘ anarchistes irréalistes ou des Chrétiens d’extrême droite. Nous sommes simplement deux personnes avec des opinions similaires, qui sont des …. Techno-défenseurs des libertés civiles. » Cannon porte un implant aimant Neodyme qui permet de ressentir les vibrations émanant des champs électromagnétiques : un four micro-ondes dans une cuisine, le métro qui passe sous terre et les lignes de haute-tension au-dessus de nous. Cannon m’a aussi montré un petit appareil qui émet une impulsion électromagnétique et mesure le temps qu’elle prend pour rebondir. Il l’enfile sur son doigt et ferme les yeux, il fait quelques tours sur lui-même avant de s’arrêter et de pointer droit en direction de ma poitrine. « Ton cerveau agit par l’intermédiaire de l’électricité alors pourquoi ne pas contribuer à le stimuler ? » Il prend une paire d’électrodes sur une étagère et les colle sur mes tempes. Un pincement aigu traverse mon cerveau au moment où les premiers volts pénètrent dans mon crâne. Tous les deux rient en voyant les contorsions de mon visage. « Tu nous a rejoint maintenant » dit Cannon en riant.
« Les gens disent que personne ne veut subir de chirurgie pour ces sortes de choses » Mais Cannon croit que cet état d’esprit changera. « Ils changeront ou ils seront dépassés par leur temps. Ce sera étrange, inconfortable et effrayant mais si tu ne le fais pas tu deviens obsolète. » La prochaine étape qui rattachera l’homme à la machine est le HELEDD ? C’est un petit appareil avec des capteurs qui mesurent le rythme cardiaque, la température du corps et la tension artérielle. Cannon dit « nous faisons des expérimentations pour les gens qui viendront à notre suite. Tout ceci deviendra socialement acceptable plus tard. » Résumé et traduction d’un article de Ben Popper.


11/11/2013

İnsan hakları ve liberal küreselleşme : uluslararası finansal kurumların - paradoksal rolü.

Human rights and liberal globalisation : the ambivalent role of international financial institutions.
International financial institutions – with the World Trade Organisation as archeptype – tied to the principle of budgetary specification, a priori, don’t have to intervene on the field of human rights.  The protection of human rights remain a special task dedicated to the States, free to cooperate with international generalist organisations as the UN’s, or specialised like UNESCO, World Health Organization and International Labour Organization (ILO). Due to existing interferences between economy and human rights, international finacial institutions have been lead to become concerned, sometimes forced, about this matter ; but human rights remain considered from their impact on economy instead of giving attention to their protection.
The State seems in many ways to be dispossessed of its prerogatives due to requirements arising from international financial institutions which scrupulously ensure the respect of free trade even if to the detriment of other rights and freedoms. However those States are also focused on their prerogatives in order to counter some international cooperations, including when they could contribute to human rights protection.

One first exemple with public health : the scope of initiative,  left to the State to protect the population from sanitary agressions from outside, is closely supervised because, again, of a free trade ; also public health is impaired by the failure of international cooperation due to a possible restriction on their prerogatives. A second exemple of this new synergy of skills between State and international financial institutions is to be found in the relations between the borrower states on one side, the IMF and the World Bank on the other : after many years of forced denationalising following the World Bank and IMF conditionalities, the borrower states are now encouraged to take ownership in playing a vital role in the frame of new strategies to reducing poverty. Summary and translation of Danièle Lochak book.
MUTATIONS DE L'ÉTAT ET PROTECTION DES DROITS DE L'HOMME. Les droits de l’homme dans la mondialisation libérale : le rôle ambivalent des organisations internationales économiques.
Les organisations internationales économiques – dont l’Organisation mondiale du commerce (OMC) est l’archétype –, liées par le principe de spécialité, n’ont pas, a priori, à intervenir dans le champ des droits de l’homme. La protection des droits de l’homme demeure un attribut des États qui sont libres de coopérer au sein des organisations internationales généralistes, comme l’ONU, ou spécialisées comme l’Unesco, l’Organisation mondiale de la santé ou l’Organisation internationale du travail. En raison des interférences existant entre économie et droits de l’homme, les organisations internationales économiques ont néanmoins été progressivement amenées, et parfois contraintes, à se préoccuper de cette question ; mais les droits de l’homme restent envisagés davantage sous l’angle de leur impact sur l’économie que de leur protection en tant que telle.
Les États semblent à beaucoup d’égards dépossédés de leurs prérogatives du fait des contraintes imposées par les Organisations internationales économiques qui veillent scrupuleusement au respect de la liberté des échanges, fût-ce au détriment de certains autres droits et libertés. Mais ces mêmes États s’efforcent aussi de faire jouer leur prérogatives pour faire échec à certaines formes de coopération internationale, y compris lorsqu’elles pourraient contribuer à la protection des droits de l’homme.
Un premier exemple est fourni par la santé publique : la marge d’initiative laissée aux États pour protéger leur population des agressions sanitaires venant de l’extérieur est étroitement encadrée du fait de la liberté des échanges ; mais la santé publique souffre aussi, en sens inverse, de la défaillance de la coopération internationale due à la résistance des États contre tout empiètement sur leurs prérogatives. Le deuxième exemple de cette ré-articulation des compétences entre les États et les Organisations internationales économiques est celui des relations entre les États emprunteurs, d’un côté, le FMI et la Banque mondiale, de l’autre : après des années de désétatisation forcée résultant des conditionnalités imposées par la Banque mondiale et le FMI, les États emprunteurs sont désormais incités à s’approprier un rôle pivot dans le cadre des nouvelles stratégies de réduction de la pauvreté. Livre de  Danièle Lochak. Presse Universitaire de Paris.

11/09/2013

Meta-veri / arama motoru - bilgi - kültürel değer - parasal değer

The collapse of time and space into search

If postmodernity consisted of the collapse of time into space, then the time of globalization at the beginning of the twenty-first century consists of the collapse of time and space into search. Culture has entered a stage in which time and space are redefined by modular access to knowledge in unprecedented fashion with the use of search engines. Search redefines the way people come to terms with historical developments that are constantly recycled and remixed with the use of new media technology. A search is usually performed with engines such as Google and Bing; technology that is founded on research that brings together private and public interests. This means that material which is often privileged at the top of a query is not necessarily of the best quality, but simply the most popular. On YouTube, as one keeps selecting videos from the right side column, it becomes evident that these recommendations appear in relation to the history of video selections, and recurring meta-data tagged to each video viewed. This means that the combination of meta-data provided by YouTube members in relation to the initial query by the user are important variables in defining search results. It is this structure that collapses time into space on YouTube.                                                                                                                            In the video « The Downfall parody remix… » the parody takes the original footage, and add English subtitles that have nothing to do with what Hitler is actually saying in German. Also  the videos that are displayed in the first page on the right side mostly have a large number of views, the videos that people are likely to find are the ones with the most views.  YouTube’s success in part is because it leaves the community alone to figure things out on their own regarding communication, moderation of comments and video responses.  The archive repositions the relation of historicity to history (the quality of historical authenticity) on an emerging cultural layer, which I refer to as ahistoricity. This shift makes evident that the value of history linked to modular technology is relevant not because of its cultural importance, but because it serves the purpose of translating cultural value to speculative value on to monetary value. Article de Eduardo Navas
Si la postmodernité a favorisé la dissolution du temps au profit de l’espace, alors le XXIe siècle, époque de la globalisation, permet la dissolution du temps et de l’espace dans la fonction « recherche ». La culture relève d’une époque où le temps et l’espace sont redéfinis d’une manière totalement innovante par l’accès modulaire au savoir et en prise direct avec les moteurs de recherche. La fonction « recherche » redéfinit la manière dont les gens peuvent s’approprier l’évolution historique constamment recyclée et remixée par la pratique des technologies numériques. Une recherche est généralement entreprise grâce aux moteurs de recherche comme Google ou Bing, qui relèvent de partenariats intégrant sans distinction les sphères privées et publiques. Autant dire que les documents favorisés en haut dans l’outil de requête ne sont pas nécessairement de bonne qualité mais simplement ceux qui ont la faveur du plus grand nombre. Sur YouTube, quand on poursuit sa recherche en choisissant les vidéos sur la colonne de droite, on voit nettement que les recommandations sont liées au déroulement de la requête et de la sélection effectuée et à la récurrence des métadonnées pour chaque vidéo regardée. Ainsi l’ensemble des métadonnées fournies par les membres de YouTube  lié à la recherche initiale de l’utilisateur sont des variables importantes pour le résultat de la recherche. C’est cette structure qui fait s’effondrer le temps dans l’espace sur YouTube.
Dans le vidéo-clip ‘The Downfall parody remix…’ la nature de la parodie se trouve dans l’utilisation de l’enregistrement original et dans l’ajout de sous-titres en anglais qui n’ont rien à voir avec ce qui dit Hitler en Allemand. Aussi les vidéos qu’on voit sur le côté droit sont celles qui ont un large public, dès lors, les vidéos qu’on a le plus de chance de trouver sont celles qui sont le plus regardées. Le succès de YouTube repose sur le fait qu’ils laissent leur communauté  libre d’agir en matière de communication, de modération des commentaires et de réponses en vidéo-clips. Les archives musicales reconstruisent la relation historicité et histoire (la qualité de l’authenticité historique) sur un nouveau champ culturel qu’on pourrait appeler ‘a-historicité’. Ce transfert montre que la valeur historique liée aux modulations de la technologie n’a pas de sens par rapport à son importance culturelle mais parce qu’elle est au service de la traduction de valeurs culturelles en valeurs spéculatives et monétaires. Article de Eduardo Navas

11/06/2013

Büyülenmiş zihin - Sihirli rünik yazı – Tâlihsizlik – Sağduyu - Sosyoloji


The bewitched mind. Witchcraft’s cognitive roots
Witchcraft can be defined as the belief whereby unexplained misfortune is set down to the evil intentions of persons endowed with supernatural powers. Although such beliefs exist in the four corners of the planet, few studies have tried to explain this very wide diffusion, which apparently depends on certain constants in the human mind. By tapping the ever richer corpus of the cognitive sciences, light is shed on the psychological mechanisms accounting for witchcraft’s cultural success. The mind’s “inclinations” are discussed, namely how the normal course of natural events is registered, how intentional actions are detected and how the processes regulating cooperation operate. The combination of these spontaneous expectations explains why witchcraft often turns out to be capable of being a “representational attractor”.

Drawn from various cultures, exemples of witchcraft refer to the belief that some people are in a position to inflict due to their supernatural powers, important torments to those who are not in a position to respond to such attacks. The wizard being acting at a distance, he is credited of powerful supernatural skills which can change the natural course of events, the world of the sorcerer is magic. He is also expected to have an enormous inner power and his magic relies on his detailed knowledge of the networks of social interactions. The natural drives of peoples minds lead them, when confronted with enigmatic presence of misfortune, to discern a malicious intent. ]…] We can see now that the bewitching  presence of magic  in many human societies becomes less mysterious. Article from Fabrice Clément summarized and translated by myself.

La sorcellerie peut être définie comme la croyance selon laquelle le malheur inexpliqué est dû à l’intention maléfique d’individus dotés de pouvoirs surnaturels. Si des croyances de ce type existent aux quatre coins du monde, peu de travaux ont tenté de rendre compte de cette très large diffusion, qui semble dépendre de certaines constantes de l’esprit humain. L’objectif de cet essai consiste à puiser dans le corpus de plus en plus riche des sciences cognitives afin de mettre en évidence les mécanismes psychologiques qui assurent à la sorcellerie son « succès » culturel. Les « penchants » de l’esprit qui sont discutés concernent l’appréhension du déroulement normal des événements naturels, la détection des actions intentionnelles et les mécanismes sous-tendant la régulation de la coopération. La combinaison de ces attentes spontanées explique pourquoi la sorcellerie est souvent à même de jouer un rôle d’« attracteur représentationnel ».
Issus de cultures différentes, les exemples de sorcellerie renvoient à la croyance selon laquelle certains individus sont en mesure d’infliger, grâce à leurs pouvoirs surnaturels, de considérables tourments à ceux qui ne sont pas en mesure de répondre à de telles attaques. Comme le sorcier est supposé agir à distance, on lui attribue de puissantes capacités surnaturelles qui sont en mesure de modifier le cours naturel des choses, le monde du sorcier est donc celui de la magie. Ce dernier est également censé posséder une force intérieure d’un genre particulier, la magie qu’il met à l’œuvre réside dans sa connaissance intime des réseaux d’interactions sociales. Les penchants naturels de l’esprit des individus les conduisent, lorsqu’ils sont confrontés à l’énigmatique présence du malheur, à y discerner une intention maléfique. Confronté à l’inexplicable violence du sort, l’esprit humain résiste difficilement à la conclusion que ce malheur est le fruit d’une volonté intentionnelle et mesquine. Pour faire face à cette violence prête à rompre le tissu social, le sorcier doit être alors en mesure de recoudre des relations distendues par la jalousie et la haine. On voit maintenant que la présence envoûtante de la sorcellerie au sein de si nombreuses sociétés humaines se fait moins mystérieuse. Article de Fabrice Clément résumé et traduit par moi.



11/05/2013

Hayali ve teknikleri - Sembolik temsilleri - Rüyalar ve bizim dünya benimseme - Toplam sosyal vaka

Imaginary and techniques – « Our belonging to the world of images is stronger, more constitutive than our belonging to the world of ideas. » Gaston Bachelard

The emergence of new technologies historically and nowadays is accompanied by speechmaking and visions of the worlds to come. They are dreams, ideas, fantasies that intertwine in a collective or individual space called dreams. Imaginary relates to a common substratum, cultural fund, to unvariant and quasi fixed sections of our appropriation of the world (C. Lévi-Strauss, G. Dumézil or C. G. Jung), that include and extend beyond the borders of our individual awareness. As we search about imaginary, we find out that sciences and technologies are not outside the social sphere nor outside the cultural one. Imaginary is the body of pictorial representations linked to each other : those of the inventors, of the researchers and engineers, of the tinkerers and users ; all of them build representation of nature, of technique, of environment, of efficiency, of energy, of movement, of health, of communication, of and about social relations that mobilize images and speechmaking, images and gestures. Imaginary for a long time was use to provide and project forward the processing of the matter, is nowadays creating cyber space where direct contact with material disappears. Great narratives give meaning to the development of technology : boundary crossing, emancipation of man with regard to nature, unending progress, apocalypse … Techniques inspired and still inspire the great myth of the human condition  (Prométhée, Faust, Pandora’s box, the sorcerer's apprentice etc). The body is « the first tool of human beings » Marcel Mauss, as this embodied cultural/natural medium part of the techno-natural environment also built on symbolic representations and values. How does imaginary shape the body as a matter of exercise, experiment and mutation ? Also how does imaginary shape the body as a building of an identity with unprecedented opportunities ? Article from Marine Boyer summarized and translated in english by myself.

L’Imaginaire et les Techniques
« Notre appartenance au monde des images est plus fort, plus constitutif de notre être que notre appartenance au monde des idées » Gaston Bachelard
L’émergence des nouvelles technologies est historiquement et actuellement accompagnée de discours et de visions des mondes à venir. Ce sont des rêves, des idées, des fantasmes qui s´entrecroisent dans un lieu collectif ou individuel qu´on appelle l´imaginaire.  L’imaginaire fait référence à un substrat commun, un fonds culturel, à des catégories invariantes et quasi-fixes de l’appropriation du monde (C. Lévi-Strauss, G. Dumézil ou encore C. G. Jung), qui comprennent et débordent les frontières de la conscience individuelle. Lorsqu’on s’intéresse à l’imaginaire, on comprend que les sciences et les technologies ne sont ni « hors du social », ni hors du culturel. L’imaginaire est un ensemble de représentations imagées qui sont liées les unes aux autres : celles de l’inventeur et du concepteur, celles du chercheur ou de l’ingénieur, celles du bricoleur et de l’usager ; tous construisent une représentation de la nature, de la technique, de l’efficacité, de l’énergie, de l’environnement, du corps, de la santé, de la communication, de la relation sociale qui mobilise images et mots, images et gestes. L’imaginaire, qui a longtemps servi à transmettre et à projeter la transformation de la matière, est aujourd’hui, créateur d’espace virtuel où le contact direct avec la matière disparaît. De grands récits donnent sens à l’évolution technique : transgression des limites, émancipation de l’homme à l’égard de la nature, progrès indéfini, apocalypse… Les techniques ont inspiré et continuent d’inspirer de grands mythes qui définissent la condition humaine (Prométhée, Faust, boîte de Pandore, apprenti-sorcier etc). Le corps étant « le premier instrument de l’homme », comme le dit M. Mauss, il est ce support incarné culturel/naturel partie d’un environnement techno-naturel qui se construit aussi sur des représentations symboliques et des valeurs. Comment l’imaginaire façonne-t-il le corps comme lieu d’exercice, d’expérimentation, de mutation, et aussi comme lieu de construction d’une identité aux possibilités inédites ? Article from Marine Boyer summarized and translated in english by myself.

Sağırlık, kimlik, sosyal bütünleşme, yaratıcılık, dans, tiyatro.

Deafness, identity, theatre, chansignes, social contestation, creativity, dance, sign language.
Over the course of history, the evolution of the social life of deaf people in our society gives us a chance to understand how the identity of deaf people could forge their identity and which impact did play theatre, body language, chansignes, dance without music in order to foster the emergence of their personalities and their social status. In their daily life, the deaf can’t put their language forward, sign language, can’t put value to its beauty and most difficult is to vaunt it to hearing people because they don’t see the use of it. Therefore IVT (International Visual Theatre, a theatre of the deaf) is the only place where they can impose on hearing people. It is their pride, their great pleasure, a personal fulfilment. It is a positive identity perceived as true happiness.
Isabelle Guyon « sign language is on of the fundamental aspects of the theatre of the deaf. For it is another sign language, with or without words, where the body has the leading role. It is then inevitable that when words become gestures, those ‘words-gestures’ interact with the gestures of the play. » But at the beginning, at IVT, the deaf had often been thought as unable to dance, by the hearing people as well as by the deaf, because dance should be ‘automatically linked’ to a ‘easy option’ of hearing. But a deaf dancer has the same physical skills as a hearing dancer : the possession, the mastery of the body is the same. Lila Greene, choreograher of American origin specifies : « the purpose is to assess an original method to teach choreography. Generally when deaf and hearing people are dancing together the second guide the first following the music. Here we attempt to create a deaf choreography without music taking into account each body internal rythm. » Choreography games impact on a projection of internal suffering, fragile in the face of external threats, like an opposition to the medical control to cure deafness, with the aim of its extinction.
L’évolution de la condition des sourds dans notre société au fil de l’histoire nous permet de comprendre comment l’identité des sourds a pu se forger et quel rôle a joué le théâtre, le langage corporel, les chansignes et la danse sans musique pour faciliter l’émergence de leur personnalité et de leur statut social. !!!! Dans la vie de tous les jours, les sourds ne peuvent pas mettre en avant leur langue, la langue des signes, valoriser sa beauté et ses valeurs, et encore moins la vanter auprès des entendants parce qu’ils n’y voient pas d’intérêt. Donc IVT (International Visual Theatre, un théâtre pour sourds) est le seul lieu où l’on peut s’imposer face aux entendants. C’est leur grande fierté, c’est un grand plaisir, un épanouissement personnel. C’est une identité positive, ressentie comme du bonheur.

Isabelle Guyon « la langue des signes est l’un des aspects fondamentaux qui font la spécificité du théâtre des sourds. Car c’est une langue gestuelle, et le théâtre est un art où le geste, où le corps, avec ou sans paroles, joue un rôle prépondérant. Il est alors inévitable que lorsque la parole est geste, ces gestes-là, ces ‘gestes-paroles’ interagissent avec les gestes du jeu.» Or, au début, à IVT, les sourds avaient souvent été considérés comme incapables de danser, que ce soit par les entendants ou par les sourds eux-mêmes, car la danse serait « automatiquement liée » à une « facilité d’audition ». Mais un danseur sourd a les mêmes compétences physiques qu’un danseur entendant : la possession, la maîtrise du corps est la même. La chorégraphe d’origine américaine Lila Greene précise que « le but est de déterminer une méthode originale pour enseigner la chorégraphie. Généralement lorsque les sourds et les entendants dansent ensemble, les secondes guident les premiers en fonction de la musique. Ici nous avons essayé de construire une chorégraphie sourde sans support musical, mais au contraire en tenant compte du rythme intérieur du corps de chacun. » Les jeux de la chorégraphie jouent sur la projection de la souffrance intérieure, fragile face aux menaces extérieures, telle une opposition à une forme de volonté médicale de soigner la surdité, dans le but de la faire disparaître.