HONOR,
REPUTATION and RECIPROCITY in early modern Ottoman times 2. "... . Sometimes,
sulh were recorded along with the
hadith “el-sulh hayırdır”
(“peacemaking is a benefaction”). Perhaps the hadith enshrined the Prophet
Muhammad’s original communal function as an arbiter (hakim). The term hak—one’s
share, right, or due justice—was not uncommonly asserted at the courts of
judges...."
HONNEUR, REPUTATION et RECIPROCITE au début de la période Ottomane 2.
"... Parfois le terme suhl
s'accompagnait du hadith “el-sulh hayırdır”, faire
la paix est un enrichissement". Le hadith
inscrivait peut-être le Prophète Mahomet dans une fonction fédératrice en tant
qu'arbitre (hakim). Le terme hak -une quote-part, un droit ou justice
- n'était pas utilisé dans les tribunaux par les juges...."
HONOR,
REPUTATION and RECIPROCITY in early modern Ottoman times 2.
I would like to
borrow from the vocabulary of European thought to approach the question of reciprocity and the goal of equilibrium in the
quest for honor and reputation. The
idea to consider honor as a social contract links the two phenomena “honor and
the state”. It is not my purpose
to impose the term on Ottoman dynamics but rather to use it as an entrée into
thinking about the contractual habits of early modern Ottoman communities. The
many Ottoman intellectuals interested in law and government would have found
much to recognize in Hugo Grotius’ De Jure Belli ac Pacis (On the law/rights of war and peace), or at
least in its prolegomena on international law. I cite from this particular work
because it appeared in the period considered here (1625), in advance of
Enlightenment thinking, and because Grotius recognizes the power of “custom and
tacit compact”, so integral to the mentality of the subjects of the Ottoman
empire. “The mother of right—that is of natural law [jus]—is human nature, and
the mother of civil laws is obligation by mutual compact.” Like the Ottomans,
Grotius does not leave all up to humankind. He is concerned to reconcile
natural law with “sacred history”: it is God who authors jus in humans. Contractual
practices were embedded in the socio-legal culture of the early modern Ottoman
world. In addition to the expected—property sale, purchase, rental and loan
contracts—were engagement and marriage (among Muslims not a sacrament but a
formal contract), and one might add divorce, with its entailment of agreements
regarding financial support and custody. In theory at least, the ideal of just
exchange imbued contracts with more than an instrumental function. All
contracts had witnesses, who, if necessary in the future, could supply the
testimony that Islamic law regarded as the bedrock of the legal process. Trust in mediation was implicit in the Ottoman social
contract. The widespread practice of sulh—settling disputes by
the arbitration of neutral parties—could involve up to four parties to achieve
the compact of reconciliation: the two disputant parties, the arbiters, and the
judge, who oversaw and sanctioned
the final agreement. Sometimes, sulh were recorded along with the
hadith “el-sulh hayırdır”
(“peacemaking is a benefaction”). Perhaps the hadith enshrined the Prophet
Muhammad’s original communal function as an arbiter (hakim). The term hak—one’s
share, right, or due justice—was not uncommonly asserted at the courts of
judges, suggesting that individuals expected, ideally, to be treated fairly, by
others, by the law, and by the state. Another common practice that drew people
into a bonded relationship was kefalet, mutual
guarantorship—that is, the act of appointing or acting as guarantor or surety
for another’s whereabouts, debts, or crimes.
If hak could be an adversarial reciprocity, a claim to one’s own due, kefalet was a consolidating reciprocity. The pledge of mutual support was a resource often called upon in circumstances of threat or insecurity. Ordinary individuals who lacked the financial wherewithal that the errant city leaders could draw on—butchers, bakers, and retirees, for instance—protected themselves and their business reputations in mutual compact.
If hak could be an adversarial reciprocity, a claim to one’s own due, kefalet was a consolidating reciprocity. The pledge of mutual support was a resource often called upon in circumstances of threat or insecurity. Ordinary individuals who lacked the financial wherewithal that the errant city leaders could draw on—butchers, bakers, and retirees, for instance—protected themselves and their business reputations in mutual compact.
A relevant Ottoman
reform of the court system was to establish designated courthouses (often, as
in Aintab, the residence of the judge), replacing the use of mosque courtyards,
for example, where women and non-Muslims may have been reluctant—or even
unable—to enter. All this is not to imply that the Ottoman empire was a
self-regulating society or that the solutions to all problems were negotiated. Using
force and the sword of justice were liberally applied by the authorities
(including authorities such as tribal lords and the rebel pashas of the
seventeenth century). But the pax Ottomana was a recent experience for
many communities whose history had more often been one of political
decentralization and contested sovereignty than of sustained rule by a
competent and effective sovereign power.
HONNEUR, REPUTATION et RECIPROCITE au début de la période Ottomane 2.
Je souhaiterais utiliser le
vocabulaire de la pensée européenne pour aborder la question de la réciprocité
afin de cerner le juste rapport entre honneur et réputation. Considérer
l'honneur en tant que contrat social relient les deux signes 'honneur et Etat'.
Le but ici n'est pas d'inscrire le terme 'contrat social' dans la dynamique
ottomane mais plutôt de l'utiliser comme direction de la réflexion au sujet des
habitudes contractuelles de la société ottomane. Les nombreux intellectuels
concernés par la loi et le gouvernement auraient trouvé des notions nécessaires
dans l'ouvrage 'De Jure
Belli ac Pacis' de Hugo Grotius (Du Droit de Guerre et de
Paix) ou au moins dans l'introduction sur la loi internationale. Cet
ouvrage" parait en 1625 au début du siècle des Lumières et Grotius admet
l'influence de la coutume et du pacte tacite, des concepts si ancrés dans les
mentalités des sujets de l'Empire Ottoman. "La mère du Droit - c'est à
dire du droit naturel jus naturale - est d'origine humaine, et la mère
du droit civil se base sur le concept d'obligation mutuelle. A l'instar des
Ottomans, pour Grotius l'humanité n'est pas la seule fondatrice et bien la
raison pour laquelle il suppose la réconciliation du droit naturel avec l'"Histoire
Sacrée" : "c'est Dieu qui es l'initiateur du jus /droit chez
les humains". Les pratiques contractuelles sont inscrites dans la culture
socio-juridique du début de la période ottomane. Outre les contrats de vente
immobilière, d'achat, de location et de crédit, on trouvait les fiançailles et
les mariages (pour les Musulmans un contrat officiel plutôt qu'un sacrement) auxquels
on peut également ajouter le divorce et les accords financiers inhérents. En
théorie au moins, les contrats au sein d'un tel échange possédaient plus qu'une
fonction contributive. Tous les contrats s'établissaient avec la présence de
témoins qui, si nécessaire, fournissaient des témoignages conformes aux fondements
juridiques de la loi Islamique. La pratique répandue de suhl - règlement
des différends grâce à l'arbitrage de parties neutres - pouvait impliquer
jusqu'à la présence de quatre parties différentes fin de conclure la
réconciliation : les deux parties en litige, les arbitres et le juge qui
supervise et impose les sanctions liées au dernier accord. Parfois le terme suhl s'accompagnait du hadith “el-sulh hayırdır”, faire
la paix est un enrichissement". Le hadith
inscrivait peut-être le Prophète Mahomet dans une fonction fédératrice en tant
qu'arbitre (hakim). Le terme hak -une quote-part, un droit ou justice
- n'était pas utilisé dans les tribunaux par les juges, ainsi les personnes
s'attendaient à être traité de manière équitable par les autres, par la loi et
par l'Etat. Une autre coutume réunissait les gens dans une relation de
réciprocité c'est le kefalet ,
garanties mutuelles c'est à dire, l'acte de nommer ou d'agir en tant que garant
du sort, des dettes ou des crimes des autres. Si hak pouvait être une procédure accusatoire, la revendication d'un
dû, kefalet en revanche s'inscrivait
dans un système de réciprocité équilibrée. La promesse de soutien mutuel était
un recours auquel on faisait appel dans des conditions de menace ou
d'insécurité. Les gens ordinaires qui n'avaient pas les mêmes moyens financiers
que les notables -bouchers, boulangers, retraités- se protégeaient ainsi que la
réputation de leurs affaires grâce à ce contrat de réciprocité.
Une réforme pertinente du système
juridique ottoman a été d'établir la désignation des tribunaux (souvent comme à
Aintab, le lieu de résidence du juge) qui désormais remplace l'utilisation de
la mosquée comme cour de justice, car les femmes ou les non-Musulmans pouvaient
hésiter à s'y rendre. Tout ceci n'implique pas que l'empire ottoman était doté d'une
société auto régulatrice avec des solutions négociées pour tous les problèmes. L'utilisation
de la force et l'épée de la justice étaient des moyens de persuasion largement
utilisées par les autorités (également celles des seigneurs tribaux et des
pashas du dix-septième siècle). La pax Ottomana
était une expérience nouvelle pour de nombreuses communautés dont l'histoire
avait été dominée par la décentralisation politique et une souveraineté
contestée plutôt que par l'efficacité d'un pouvoir souverain et compétent dictant des règlements perpétuels.
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