9/27/2014

Tüm insanların affedileceği doktrini ve gerçekliğin çeşitlilik - muhafazakarlık - varoluşçuluk - John Rawls ve "Bir Adalet Teorisi"

Genis Carrera

Rawlsian Universalism Confronted with the Diversity of Reality 1


HOW CAN WE ACCOUNT for the diversity of the world, its multiplicity, and still be able to see humanity’s unity through the variety of cultures? How can we assess facts morally when social practices vary through time (history matters) and space (geography matters too)? How can we work beyond a merely empirical approach based on observation, to make sense of what we observe in an intelligible, coherent and rational way? Clearly, we need a theory which offers an interpretive framework for social organizations and allows an ethical assessment. This paper suggests that John Rawls’ thought, as presented in A Theory of Justice, provides such a framework and may enable us to assess on universal grounds as well as understand specific situations. The tension between a diverse reality and an abstract concern for universality can be interpreted in several ways. It could reflect the difficulty that arises from trying to reconcile values specific to different cultural environments. In some views, there should be some shared values one could draw on to avoid conflicts. Others might question that such common values be compatible with the reality principle. These diverse points of view underline the necessity to articulate the universal and the particular. If Samuel Huntington has drawn our attention to the risk of a “clash of civilizations”, it is undeniable that universalism, claimed by some and challenged by others, could well perpetuate the domination of one culture over others: how universal is a moral value if it is not universally accepted as such? This is one of the issues of globalization in our world as it is (and not as it can be imagined in the abstract). Globalization may be understood not only as a process of economic integration through trade, foreign direct investments, the rise of financial instruments and multinational corporations, but also, and this is crucial, as the world-wide spread of certain cultural values and social practices. The asymetric nature of the process reiterates the dependency of the weaker states and people on more powerful ones. In other words, to state a well-known fact, globalization is also a process of Westernization, though this statement probably needs to be qualified. Indeed it is an equally well-known fact, that hardly needs restating, that globalization also triggers a backlash, a quest for identity that may go as far as cultural isolationism, a rejection of the other and forms of religious fundamentalism. This backlash is radicalized if people feel threatened by this universal or humiliated by the strength deployed to bring about their submission to it. All we have then is a particularism masquerading as universal, and imposed as such to other cultures by confrontation or sheer violence. The world is astir with reactive identities which function as refusals to fall for such a trick. Formerly colonized people aspire to cultural decolonization after gaining political decolonization. Minds need decolonizing as much as countries did, and independence is of little avail if formerly colonized people retain the values of former colonizers, if acculturation has made it impossible for them to return to their cultural roots. But if this “return to the roots” implies a uncritical return to an imagined and reinvented past, is it really a liberation or yet another alienation? While this alienation is self-inflicted, it restricts people to a mythical past which makes it impossible to think ahead into the future. Religious fundamentalism is one instance of this danger, of which the Islamic Revolution in Iran, against the Shah’s regime, is illustrative: it was a refusal of a modernization which was felt to betray the culture and promote alien values and ways of life. But clearly, in holistic societies in which the group is given priority over the individual, collective heritage validates standing practices and confers on them a cultural and moral legitimacy incompatible with the idea of progress. This is beneficial to the strictest conservatism: why change since tradition sanctions what has been until now in conformity with the norms, and since what exists is rooted in the culture and identity of the group? In this perspective, inequalities in living conditions belong to cultural heritage and, as such, deserve to be preserved. Gender inequality is also legitimate since past norms established it as normal. Communitarianism thus denies individual freedom and circumscribes each person within the values of his or her own society, which serve the assertion of a collective identity, but not of individual identities. Bernard Bret

L’universalisme rawlsien confronté à la diversité du réel 1
COMMENT COMPRENDRE le monde et sa diversité, combiner l’un et le multiple, lire l’unité de l’humanité derrière la variété des cultures ? Comment qualifier les faits sur le plan moral alors que les pratiques sociales varient selon les temps (l’histoire existe !) et selon les lieux (la géographie existe aussi !) ? Comment se prémunir d’une approche empirique qui observerait sans parvenir jamais à synthétiser ses observations dans un tout cohérent, rationnel et intelligible ? Le besoin se fait donc sentir d’une théorie offrant une grille d’interprétation des organisations sociales et permettant de porter sur elles une appréciation éthique. La pensée de John Rawls, telle qu’elle s’exprime dansLa Théorie de la Justice est ici considérée comme répondant à ce besoin, comme capable de dire l’universel et de comprendre le particulier. La tension entre la diversité du réel observé et l’universel pensé dans une démarche abstraite peut être interprétée de plusieurs façons. Certains y verront la difficulté de concilier ou de faire converger les valeurs spécifiques aux différentes aires culturelles. D’autres insisteront sur le besoin de valeurs partagées par tous et y trouveront un outil pour désamorcer les conflits. D’autres encore s’interrogeront sur la confrontation de ces valeurs communes avec le principe de réalité. Cette diversité d’opinions souligne en tous les cas la nécessité d’articuler l’universel et le particulier. Si le choc des civilisations constitue bien un danger sur lequel Samuel Huntington attire notre attention, il est impossible de nier que l’universalisme, tel qu’il est revendiqué par certains et dénoncé par d’autres, représente, quant à lui, le risque de la domination d’une aire culturelle sur les autres : à quoi sert de proclamer l’universalité d’une valeur morale si cette universalité n’est pas admise par tous ? Tel que le monde existe réellement, et non tel qu’il peut être pensé dans l’abstrait, tel est bien un des traits de la mondialisation. Le terme désigne, on le sait, non seulement l’intégration économique à travers le commerce international, les investissements productifs à l’étranger, la financiarisation et l’essor de firmes transnationales, mais aussi, et c’est le point majeur ici, l’extension à l’échelle de la planète de certaines valeurs culturelles et de certaines pratiques sociales. Il est clair que le processus se réalise d’une façon asymétrique qui met les faibles, États et personnes, dans la dépendance des forts. En d’autres termes, et plus que d’une analyse il s’agit là d’un constat déjà fait en de multiples occasions, la mondialisation est l’occidentalisation de la planète. Il faudrait nuancer le propos. C’est là aussi chose trop connue pour que l’on s’y attarde, mais qu’il faut redire, la mondialisation provoque en retour une quête d’identité qui peut aller jusqu’au renfermement culturel, au refus de l’autre, au repli dans des intégrismes religieux d’autant plus radicaux que les personnes concernées s’estiment menacées par un universel qu’elles refusent et parfois humiliées par le rapport des forces qui cherche à les y soumettre. Qu’est-ce alors que l’universel, sinon un particulier qui se croit universel et qui prétend s’imposer comme tel aux autres cultures, au prix d’une confrontation qui peut aller jusqu’à la violence ? Il est difficile de ne pas voir dans les réactions identitaires qui secouent la planète autant de refus à pareille prétention. Après la décolonisation politique, les peuples naguère asservis veulent entreprendre la décolonisation culturelle. Dans l’optique de ceux qui prônent la décolonisation des esprits, à quoi aurait servi l’accès à l’indépendance si les anciens colonisés conservent dans leurs têtes les valeurs des anciens colonisateurs, si l’acculturation a été si profonde que les anciens acculturés sont incapables de retrouver leurs racines culturelles ? Mais, renouer avec les racines, c’est quasi nécessairement renouer sans distance critique avec le passé ou avec un passé tel qu’on l’imagine et tel qu’on le reconstruit. Est-ce alors se libérer de l’aliénation ? On se libère de l’aliénation subie en s’asservissant à une autre aliénation qui enferme dans un passé largement mythique et empêche de penser l’avenir. Les intégrismes religieux donnent de multiples illustrations de cette dérive. La Révolution islamique en Iran contre le régime du shah en est une, parmi d’autres : refus d’une modernisation qui vous arrache à votre culture et vous inculque des valeurs et des façons d’être contraires à ce que vous considérez être. Mais, on voit bien que, dans des sociétés holistes qui affirment la priorité du groupe sur l’individu, l’héritage collectif conduit à la validation des pratiques en vigueur et leur confère une légitimation culturelle et morale antinomique avec l’idée de progrès. Cette configuration sert le conservatisme le plus étroit : pourquoi changer puisque la tradition dicte ce qui a été reconnu jusqu’ici comme conforme aux normes et puisque ce qui existe trouve ses racines dans la culture qui fait l’identité du groupe ? Mais alors, on pourra dire que l’inégalité des conditions d’existence est un élément du patrimoine culturel et, comme tel, mérite d’être maintenue. On pourra dire aussi que l’inégalité des genres n’est pas illégitime puisque les normes héritées du passé l‘ont établie comme normale. Le communautarisme nie du même coup la personne. Il s’oppose à l’individuation puisqu’il inscrit le devenir de chacun dans les valeurs de la communauté érigées en moyen d’affirmation de l’identité collective plus que des identités individuelles. Bernard Bret


9/26/2014

Arno Arr Michaelis : "Ben neo-nazi oldu" - Nefret Sonra - Benim Hayatım - Auschwitz'e Yolunda - yaralı insanlar insanlar zarar yorlar -

I was a leader of violent racist extremism for 7 years. Compassion, love, and forgiveness changed the course of my life in 1995. Today I share My Life After Hate as a speaker, teacher, student, and author.

Smiling on the Way to Auschwitz
"I didn’t want to go." Who wants to go somewhere where a million people were murdered? The men, women, and children who were systematically tortured and executed certainly didn’t want to go. Just like me, I imagine they would have much preferred to go to the movies, or explore a friendly new place filled with wonder and joy, rather than go to the place called Auschwitz.
But they didn’t have a choice. I did.
…almost there now. Still smiling even amidst the foreboding woods trotting by outside the train window. Woods where I have a feeling nightmares happened, along the way to one of the worst nightmares in human history. I’m still smiling because I know what an honor it is to have this chance to bear witness. To breathe in the suffering of millions of my human family. The suffering that still drives people to hurt each other today. The suffering that hurts so bad it can take the human right out of any one of us, the moment we pass our hurt on to others instead of cradling ourselves with loving-kindness. Smiles help to conjure up that loving-kindness when it’s most needed. The cause of the Holocaust was the society that allowed Hitler to come to power. A society reigned by fear. Fear of people who seemed different. Fear of not having enough. Fear of standing up. Fear of speaking out. Most of all, most simply: fear of change.
I’m back on the train now.
My trip to Auschwitz included a return ticket. As the train begins to move, I don’t know that I’m glad to leave. I saw a room full of shoes. Shoes that once belonged to men, women, and children. Little kid’s shoes that once caught a parents eye from a shop window. These will look so cute on my little one. Piles and piles of shoes. Before the room full of shoes there was a room full of eyeglasses. Then, a room full of human hair, some removed from gas chamber corpses by the forced labor of fellow Jews, some removed from live people by the forced labor of other fellow Jews before they were executed with mechanical precision.
A room full of 4.2 million names, shown to me by a man who won’t rest until each of the remaining 1.8 million names are uncovered.
I don’t know that I’m glad to leave such horror, because I feel an obligation to honor as much of the immense suffering as I can. Being there, where it happened, at the epicenter of a massive atrocity that I once had a hand in denying, was something that I had to do. Something I have to keep doing.
Yes, there is horror happening somewhere on Earth as I live and breathe. All of us share the same capacity for shame or greatness, hate or love. All of us are subject to the unbearable pain of a broken heart, no matter what color our skin is, no matter what language we speak, no matter how much money we do or don’t have, no matter what spiritual tradition or lack thereof, no matter who we’re attracted to, or how we relate to gender. All suffering is as deserving of someone to bear witness to it as the Holocaust is.
When we express gratitude, for things like knowing when to jump off the tram, looking at the girl at the movie theater with the giggles and the silvery purple hair, and experiences like sharing some almonds with a taxi driver, we are tending a garden of inner peace where our interdependence with all life is a welcome given. When we share that authentic happiness with the world around us, it becomes contagious. As a Former who once espoused the same hatred that destroyed millions, I understand the antidote to that hate: presence, and love. Hurt people hurt people. Happy people don’t. When we can be confident in the basic goodness of existence, and smile in appreciation, ideologies of fear and separatism have no purchase on who we are.

Dziękuję Auschwitz. My heart is awakened like never before, and utterly fearless. Arno Arr Michaelis
http://mylifeafterhate.com/smiling-on-the-way-to-auschwitz/
neo-nazis
Arno Michaelis débute son adolescence en tant qu'activiste du mouvement 'Le Pouvoir aux Blancs' groupe raciste le plus important dans le monde. Aujourd'hui il est devenu l'auteur de 'Ma vie après la haine' : "Pendant 7 ans j'étais le dirigeant d'un groupe raciste extrémiste. L'amour, la compassion, le pardon ont changé ma vie en 1995. Aujourd'hui je partage 'Ma Vie Après la Haine' en tant qu'orateur, professeur, étudiant et écrivain."
Sourire sur la route d'Auschwitz.
Je ne voulais pas y aller. Qui veut aller dans un endroit où des millions de gens ont été assassinés? Les hommes, les femmes et les enfant qui ont été systématiquement torturés et exécutés ne voulaient pas y aller. Comme moi, je pense qu'ils auraient préféré aller voir un film, ou partir à la découverte d'un nouvel endroit avec des amis au lieu d'aller dans cet endroit appelé Auschwitz.
Mais eux n'avaient pas le choix. Moi si.
... nous y serons bientôt. Je continue cependant de sourire étreint par le mauvais présage des arbres qui défilent devant la fenêtre du wagon. Dans ces forets je sens bien qu'un cauchemar a eu lieu, un des pires cauchemars de l'histoire de l'humanité. Je continue de sourire parce que je suis conscient de la possibilité qui m'est offerte de pouvoir encore être témoin. De pouvoir respirer dans ce lieu de souffrance de millions de familles. Cette souffrance qui conduit encore de nos jours certains à se meurtrir. Cette souffrance qui fait si mal au point de nous déposséder de nos droits de l'homme, au moment où on transmet aux autres de la douleur au lieu de se réchauffer mutuellement de tendresse bienveillante. Les sourires aident à invoquer une gentillesse nécessaire. L'origine de l'holocauste se trouve dans cette société qui a permis à Hitler d'accéder au pouvoir. Une société dominée par la peur. Peur des gens qui paraissent différents. Peur de revendiquer. Peur de parler. Et surtout, plus simplement peur du changement.
Je reprends le train.
Mon voyage à Auschwitz était un aller-retour. Le train démarre et je ne sais pas si je suis heureux de partir. J'ai vu une pièce remplie de chaussures. Des chaussures qui ont appartenu à des hommes, des femmes et des enfants. Des chaussures de jeunes enfants qui ont un jour attiré l'attention des parents : celles-ci iraient si bien au plus petit. Des piles et des piles de chaussures. Avant cette pièce il y en avait une autre remplie des lunettes. Puis une pièce remplie de cheveux parfois retirés des corps issus des chambres à gaz par des Juifs soumis au Travail Forcé, parfois retirés à des êtres vivants, toujours par des Juifs soumis au Travail Forcé. Une pièce remplie de 4,2 millions de noms qu'un homme, qui ne serait pas tranquille tant que le million et demi restant ne seraient pas identifié, m'avait montrés.
Je ne sais pas si je suis heureux de laisser derrière moi autant d'horreur parce que je ressens aussi une obligation de rendre hommage autant que possible à cette souffrance immense. Etre là, où tout s'est passé, à l'épicentre de l'atrocité massive que je niais autrefois, c'était quelque chose que je me devais de faire. Quelque chose que je dois continuer à faire.
Oui sur cette terre l'horreur est omniprésente en ce moment même. Nous possédons tous la même capacité à éprouver la honte ou la grandeur, la haine ou l'amour. Nous sommes tous censés souffrir un jour d'une peine de coeur insurmontable, quelle que soit notre couleur de peau, la langue que nous parlons, peu importe l'argent que nous avons ou que nous n'avons pas, nos traditions religieuses ou notre athéisme, peu importe vers qui nous sommes attirés, hommes ou femmes. Toute souffrance mérite un témoin et surtout et avant tout celle générée par l'Holocauste.
Lorsqu'on exprime de la gratitude pour des petites choses comme la liberté de sortir du tram quand on veut, regarder la fille au cinéma qui ricane avec ses cheveux mauves argentés, partager des amandes avec le chauffeur de taxi, on aspire à une paix intérieure où l'interdépendance avec toutes les chose de la vie est bienvenue. Lorsqu'on partage cet authentique bien-être avec les gens autour de nous, il devient contagieux. En tant qu'un Ancien soutien de cette même haine qui détruisaient des millions de personnes, je connais l'antidote à la haine, présence et amour. Les personnes qui souffrent font souffrir; les gens sereinement heureux ne le font pas. Avoir confiance dans la bienveillance de l'existence, esquisser un sourire peuvent faire disparaître les pouvoirs des idéologies séparatistes basées sur la crainte.
Dziękuję Auschwitz. Merci. Mon esprit s'est ouvert comme jamais auparavant, plus courageux et sans peur. Arno Arr Michaelis

9/25/2014

Sosyal adalet ve demokratik alanı - İstismar - Marjinalleşme - Karar verme dışlanma - Kültürel emperyalizm - Şiddet

Social Justice & Democratization Space - The simple but revolutionary fact tirelessly put forward by Henri Lefebvre radically transformed any approach concerning space issues on social sciences and humanities: space is a social production. Because this statement is a supported fundamental asset we will keep its perspective. This means there is a strong direct interrelatedness between social production and democratization space. It is therefore possible to intervene on space production to ensure it is going to benefit all, or at the contrary, it is going to be exclusive and controlled by few. Hence, space as a production with a possible relative fair value can have fair or unfair retroactive effect on human society. Discussions on spatial justice has therefore to be seen within a general reflection of overall definition of justice. It is equally obvious that social inequalities do exist and that they are generally spatialized (from the intimacy of domestic space to global level). They can be dealt with as such, without reference to the justice concept. But the debate on justice or injustice as focus of our democratic societies, on all levels, how could we mobilize it in such a way that works on space will operate in social issues? While post-modern deconstructivism  gets some to talk about justice in relative terms,  "justice", polysemous word, remains an essential political leverage, mobilizing, understood and experienced in all people's daily life. This process was increased by various social movements (feminist, ecologist, anti-racist...) and by the development of multiculturalism : on the same place and at the same moment actors with different concepts, often contradictory and divisive about justice and injustice, confront each other. The great diversity of definitions of justice (and the potential social contracts of their justifications) and its objectives can be different and disruptive. We can consider the concepts of justice between two segments. John Rawls gives the definition of justice as equity: it is not through egalitarianism, but looking at the equal intrinsic value of the persons will become the focus of the promotion of those classes with the lowest incomes. This understanding of justice, independently of real life situations, is focused on the individual. Contrary to that, 'communitarians' give definitions of social justice based on the rights of communities that take precedence over the individual rights. All these debates until the years '90, consider socio-economic equality or inequality: justice ensures the reduction or the abolition of socio-economic inequalities or makes them acceptable.
- Exploitation means the oppression of underprivileged social classes excluding them from decision making, individual lifestyle choices and the recognition for their collective identity.
- Marginalization affects excluded of social life (elders, single mothers, homeless, unemployed without hope for a future work) who lose self esteem even in the case of receiving financial assistance to survive.
- Powerlessness refers to excluded oppression from any decision making on their workplace and any other citizen's immediate environment.
- Cultural Imperialism differs from the three first forms of oppression for it is not directly related to work. It is the process according to which a group is made invisible due to " a dominant group universalization of experience and culture that become the one standard". The group being discriminated and defined by externally specificities is both regarded as invisible and stereotyped ( which is a paradox).
- Violence which is not here about individual violence but done to a group, and first of all that this specific violence becomes a social practice against certain groups often considered as an acceptable practice (against women or ethnic minorities) because it is a consequence of  belonging to a certain group.

Interactions between social and spatial articulate with each other this way: social injustice operates in space, and conversely social organization of space produces injustice. There is no mechanical link here, but it is about dynamic processes, often complicated, springing up  seriously and urgently needed to be enlightened and on which it is still possible to interact.  http://books.openedition.org/pupo/407 Philippe Gervais-Lambony et Frédéric Dufaux
STAND-SPEAK-ACT

Espace et justice : ouverture et ouvertures - L'idée simple mais révolutionnaire énoncée par Henri Lefebvre, inlassablement, a transformé en profondeur l’ensemble des approches des questions spatiales dans les sciences sociales et humaines : l’espace est un produit social. Il faut repartir de là car c’est un acquis fondamental et qui semble partagé. Admettons en effet que l’espace est un produit social et qu’il est produit politiquement (au sens le plus large du terme). Cela signifie qu’il y a une interrelation directe et forte entre le social et le spatial. Il est donc possible d’agir sur l’espace pour faire en sorte que cette production soit plus ou moins favorable à tous, ou au contraire qu’elle soit exclusive et contrôlée par quelques-uns. Ainsi, la production de l’espace peut être plus ou moins juste et, réciproquement, l’espace tel qu’il est produit peut avoir des « effets » rétroactifs justes ou injustes sur la société. La mise en débat de la justice spatiale doit être replacée dans une réflexion d’ordre général sur les grandes définitions de la justice. Il est évident que les inégalités sociales existent et qu’elles sont en général spatialisées (de l’intimité de l’espace domestique à l’échelle planétaire). Elles peuvent être traitées comme telles, sans référence au concept de justice. Mais le débat sur la justice et l’injustice étant central dans les sociétés démocratiques, à toutes les échelles, comment le mobiliser de manière à ce que les travaux sur l’espace s’inscrivent dans des débats de société ? La « justice », terme polysémique, reste un levier politique essentiel, mobilisateur, compris et vécu par les citoyens dans leur quotidien alors même le déconstructivisme postmoderne poussent à relativiser tout discours sur la justice. Ce processus a été renforcé par l’émergence de divers mouvements sociaux (féministes, écologistes, antiracistes…), comme par le développement du multiculturalisme : en un même lieu et au même moment se confrontent des acteurs qui ont des conceptions différentes, souvent contradictoires, voire conflictuelles, du « juste » et de « l’injuste ». La diversité des définitions de la « justice » (et des possibles « contrats sociaux » qui les légitiment) est grande et les objectifs poursuivis sont variés, voire opposés. On peut considérer que les conceptions de la justice entre deux pôles. John Rawls définit la justice comme équité : c’est non pas l’égalitarisme, mais, une fois posée, l’égale valeur intrinsèque des personnes sera mise au centre de la promotion maximale des plus modestes. Cette conception de la justice, indépendante des situations réelles, est centrée sur la personne. À l’opposé, les « communautaristes » donnent de la justice sociale des définitions centrées sur les droits des communautés, ceux-ci primant sur les droits des individus. Dans tous ces débats, jusqu’aux années 1990, c’est avant tout d’égalité ou d’inégalité socioéconomiques qu’il est question : la justice vise d’abord à réduire, abolir, ou rendre acceptables les inégalités socio-économiques. 
·         L’Exploitation correspond à l’oppression des classes sociales défavorisées par leur exclusion des processus de prise de décision, des choix individuels de vie et de la reconnaissance de leur identité collective.
·         La Marginalisation affecte les exclus de la vie sociale (les personnes âgées, les mères célibataires, les sans-logis, les chômeurs sans espoir de trouver un emploi), qui perdent l’estime de soi, même s’ils bénéficient d’une redistribution économique qui leur permet de survivre.
·         L’Absence de pouvoir – Powerlessness – désigne l’oppression des exclus de toute prise de décision, sur leur lieu de travail, ou dans leur espace de vie en général.
·         L’Impérialisme culturel diffère des trois premières formes d’oppression car il n’est pas directement lié aux rapports au travail ou dans le travail. C’est le processus par lequel un groupe est rendu invisible du fait de « l’universalisation de l’expérience et de la culture d’un groupe dominant et son instauration comme norme ». Le groupe qui subit cette oppression est donc défini de l’extérieur, dans le même temps qu’il est rendu invisible et stéréotypé (ce qui est un paradoxe).
·         La Violence. Il ne s’agit pas de la violence individuelle, mais de celle faite à un groupe, c'est le fait qu’elle devienne une « pratique sociale » envers certains groupes, pratique éventuellement considérée comme acceptable (dans le cas des femmes tout particulièrement, mais aussi bien sûr des minorités ethniques) parce qu’elle est simplement la conséquence de l’appartenance au groupe.

Ainsi  s'articulent les interactions entre le spatial et le social : l’injustice sociale se traduit dans l’espace, mais réciproquement l’organisation sociale de l’espace est productrice d’injustice. Il n’y a pas ici de lien mécanique, mais bien des processus dynamiques, souvent complexes, qui se déploient dans l’espace et dans le temps, qu’il est urgent d’éclairer et sur lesquels il est possible d’agir.

9/23/2014

Kolektif kimlikler - Orta Asya mesleki statüler (Risâle) - Gerçek yada hayali nesep - mitoloji ve ahlaki standartları

The construction of collective identities according to Central Asian professional statutes (risāla)                                                                                                               When one considers the origin of identities in Central Asia, one is led to examining the basis of the different groups constitution. It is a known fact that in the pre-Soviet era the original source of identities constitution in the region was not ethnicity but rather the locality, tribal identification and line of work. Numerous  'profession charters' (risāla-yi kasb in Persian, kasb risālasi  in Eastern Turkish, risāla) provide an amount of data related to mythology and moral standards of some professions in the region. The construction of a collective identity in pre-Soviet Central Asia shows an obvious parallel with the construction of identities according to real or imagined lineages. The social cohesion of a professional group is, at least ideally, based on an imagined lineages identification with ancestral masters for each range of crafts. Origin of crafts and professional activities account is to be found in the risāla as a divine request to a prophet, a mystic or another figure venerated since time immemorial. Indeed, craftsmen of the same profession describe themselves as hampīr , "[someone] within the same pīr " , in reference to the common  holy ancestral figure (pīr). It is clear that the kasb  (profession or craft)concept in the sense of production economic activity and social status associated with this same activity does not carry the same implication of all meanings of  'work' in the broadest sense of the word. In pre-Soviet Central Asia three occupational activities were not clearly severed : gainful occupation, repairing and maintaining crafts tools and spiritual services. There is a growing trend of two forms of work : performed by an individual or performed by a community of which the famous hašar. However this division remains artificial for in rural regions craftsmen also cultivated their land, raised cattle, at the same time as their usual professional activities. The use of kasb in Central Asia refers to gainful occupations. Weaving provides an illustrative case. The work of a  trained person to manufacture of cloth, whether it is an order or meant to be sold on the market, is a kasb. On the other hand, the same work solely for domestic purposes is not. Risāla is the only original craftsmanship  text provided to us. A written narrative in vernacular languages (Turkī, Uzbek, Persian-Tajik, Uighur, Pashto) interspersed with prayers in Arabic language which traces the ground of each professional group. Unifying text setting out a spirit of brotherhood between members of the same corporate work group, the risāla reaches every man with a specific work activity kasb acknowledged by his pīr, master and patron saint. Thus the members with a narrative on imagined origin of technical tradition and a moral code of references at disposal address to one another the title of hampīr. While taking part in the rituals to common patron saints was limited to independent master craftsmen, workshops owners, and those with financial means for festivities, the risāla addresses all members of the work group whether they are masters, brethren or apprentices. The risāla  three key elements are the religious legitimization of the work, the transfer of spiritual knowledge and the emergence of identity affiliation. To ignore the founding pïr and to refuse to comply with the risāla guidelines makes the exercise and the product of the work activity contaminated, illegitimate in the religious sense of the word ḥarām. The risāla  explicitly define which are matters of lawfulness (ḥalāl) and unlawfulness (ḥarām) in the craftsmen world. They claim to be used as religious reference text in which are stated  all the needs of the craftsmen in order to carry out their profession in a noble, honest way in accordance with mercy rules, in other words legitimately.
 http://asiecentrale.revues.org/1381
La construction des identités collectives d’après les chartes des corps de métier (risāla) en Asie centrale
Dès lors qu’on s’intéresse à l’origine des identités en Asie centrale, on est amené à examiner la base sur laquelle les différents groupes sont constitués. C’est un fait bien établi qu’à l’époque pré-soviétique, la source première de constitution des identités collectives dans la région n’était pas l’ethnicité, mais plutôt la localité, l’appartenance “tribale” ou la profession. Les nombreuses “chartes de corps de métier” (risāla-yi kasb en persan, kasb risālasi en turc oriental et, de manière abrégée dans ce qui suit, risāla) dont nous disposons fournissent pourtant quantité de données relatives à la mythologie et aux normes morales de certains corps de métier de la région. La formation d’une identité professionnelle collective dans l’Asie centrale pré-soviétique présente un parallèle évident avec la formation des identités basées sur des descendances réelles ou imaginaires. La cohésion d’un groupe professionnel est fondée, au moins idéalement, sur la revendication d’une appartenance à une lignée imaginaire de maîtres ancestraux pour chaque corps de métier. L’origine des métiers et des activités professionnelles est expliquée dans lesrisāla par une demande divine faite à un prophète, une figure mystique ou un autre personnage vénéré depuis des temps immémoriaux. En effet, les artisans d’un même corps de métier se désignaient sous l’appellation dehampīr, littéralement “[personne] affiliée à un même pīr”, se référant ainsi à figure sainte ancestrale (pīr) commune. Il est clair que le concept de kasb “profession ou métier”, au sens d’activité économique de production et de statut social associé à cette activité, ne recouvre pas exactement toutes les significations du terme “travail”, au sens large du terme. Dans l’Asie centrale pré-soviétique, il existait trois zones d’activités qui n’étaient pas clairement séparées : les occupations rémunératrices, l’entretien des instruments de travail et les services spirituels. On observe deux formes de travail : les activités exécutées par l’individu et celles effectuées par la communauté, dont l’exemple le plus connu est le hašar. Cette division est néanmoins artificielle car, dans les régions rurales par exemple, les artisans cultivaient la terre, élevaient du bétail ou travaillaient comme journaliers en même temps qu’ils se livraient à leur métier. Pour désigner les occupations rémunératrices dans les langues d’Asie centrale, on utilise surtout le mot kasb. Le tissage en offre une belle illustration. L’activité d’une personne formée à la fabrication des tissus, qu’elle soit faite sur commande ou destinée à la vente sur le marché, est considérée comme un kasb. En revanche, la même activité exercée exclusivement pour satisfaire des besoins domestiques ne l’est pas.                                                                                                                                                        La risāla est le seul type de texte original issu du milieu artisanal lui-même dont nous disposions. C’est un récit écrit en langue vernaculaire (turkī, ouzbek, persan-tadjik, ouïgour, pachto), entrecoupé de prières en arabe, qui retrace le fondement d’un groupe professionnel. Texte unificateur, il crée un esprit de fraternité entre les membres d’une même corporation. Le texte des risāla s’adresse à tout homme exerçant un kasb précis et ayant été reconnu par son pīr, maître et saint patron.  Le respect porté à une lignée imaginaire ascendante de maîtres-ancêtres commémorés et vénérés lors d’occasions rituelles et immortalisés par la risāla qui consolide l’union d’un tel groupe. Les membres, qui disposent ainsi d’un récit sur l’origine imaginaire de la tradition technique et d’un code moral de référence, s’adressent mutuellement le titre de hampīr. Alors que la participation aux rituels dédiés aux saints patrons était limitée aux maîtres artisans indépendants, propriétaires de leurs ateliers et ayant les moyens nécessaires pour financer des festivités chacun à leur tour, la risāla s’adresse à tous les membres de la communauté professionnelle en question, qu’ils soient maîtres, compagnons ou apprentis. Les trois éléments-clés de la risāla sont la légitimation religieuse de l’activité professionnelle, le transfert du savoir spirituel et l’évocation d’une affiliation identitaire.  Ignorer le pīr fondateur de sa profession et refuser de se conformer aux directives de la risāla rend l’exercice et le produit de l’activité professionnelle souillée, illégitime au sens religieux du terme,ḥarām. Les risāla définissent explicitement ce qui relève du licite (ḥalāl) et de l’illicite (ḥarām) dans le monde des artisans. Elles affichent une prétention à servir de texte religieux de référence, où est énoncé tout ce dont un artisan a besoin pour exercer son métier de manière noble, honnête et en accord avec les règles de piété, en un mot, légitime.

9/18/2014

net.art - sanatsal çalışmaları - interaktif medya - yenilik sosyolojisi - 'yüksek' kültür ve kitle iletişim araçları arasındaki geleneksel muhalefet


Net art - The artistic work in the era of Internet associates the creation of interactive artworks with the production of forms of communication and exhibition to involve and develop loyalty of the public. This article analyzes these new artistic figures and their relational modes in a context where the implementation of art is inseparable of the practice of evolutionary and porous media. At the intersection of communication sciences, sociology of uses and artistic innovation, the article puts in perspective these new forms of attachment in the Net art, revealing of new media regimes. In the media world a far more expressive involvement can be found in growing rapidly and multiplying self-production facilities as in personal website, blogs and fitted technologies (web site syndication, tags, podcasting and video-blogging) and also social networks and their practices (fan subbing, fans films…). Since the second half of the 1990's, Net art guides and forecasts those technologies and media practices by putting in abyss the ambivalence of the connection to the Internet, experienced as a withdrawal from the real world. The Net art will now appoint interactive creations by, for, and with the Internet as opposed to traditional art forms transferred at sites-galleries and other virtual museums. In artistic worlds, Internet is original because of being simultaneously a medium, a tool and a creative environment. By remaining in this articulation, the net 'work of art' exists in designing, developing  interactive systems and in producing newest forms of online life and network communication strategies. Internet becomes then an online workshop as well as an exhibit hall : in other words, a space of creation, communication, active reception of artistic productions. The further course of the work of art could be regarded as a dynamic rather than a static product at the center of a negotiation reconfigured by the various actors interactions.
Artist hacker - Inventor of work of art and socio-technical applications. The first Nam June Paik's and Wolf Vostell's videos emphasized collapsing television through virtual video sculptures and symbolically making use of the medium through alterations of video signal. The Net art pioneers often denounced the pervasiveness of a quasi exclusive language for hypertext characteristic (HTML) that contributed to heighten the uniform appearance of all websites in their layout as well as in their interface display. Focusing more on the Internet behind the scenes, other creators of Net art imagined subversive navigators and search engines with as symbolic figures the famous Shredder from Mark Napier and Netomat  from Maciej Winiewski. Pursuing the old logic of Mail Art, the first works of art for internet promoted a mailing of artistic nature traffic. The London gallery The Centre of Attention set out such actions inviting artists to the production of informational happenings through e-mails spreading and contamination. The e-mail, halfway to artistic performance and  speech act offered a participatory and performative 'authors communication' with a spreading taken up from rumor amplification modes.

Beyond the traditional opposition between 'high' culture and mass media, Net art combines media monitoring and aesthetic experience of new creation schemes : video games, interactive cinema, digital facilities.
 http://rfsic.revues.org/179
Mark Napier

Net art - Le travail artistique à l’ère d’Internet associe la création d’œuvres interactives à la production de formes de communication et d'exposition visant à impliquer et fidéliser le public. Internet place en effet l’œuvre d’art au cœur d’une négociation distribuée entre artistes, informaticiens, dispositifs techniques et public enrôlé. Cet article analyse ces nouvelles figures artistiques et leurs modes relationnels dans un contexte où la mise en œuvre d’art devient indissociable de la pratique de médias évolutifs et poreux. À l’intersection des sciences de la communication, de la sociologie des usages et de l’innovation artistique, l’article met en perspective ces formes d’attachement au Net art, révélatrices de nouveaux régimes médiatiques. Dans l’univers des médias, un engagement plus « expressiviste » se lit aujourd’hui à travers l’essor et la multiplication des dispositifs d’auto-production ou de production de soi que constituent les sites personnels, les blogs et leurs technologies appareillées (syndication et tags, podcasting, video-blogging…), ainsi que les réseaux sociaux d'échanges entre pairs et leurs pratiques associées (fansubbing, fansfilms…). Depuis la seconde moitié des années 1990, le Net art guide et préfigure ces technologies et usages médiatiques à travers la mise en abîme d’une ambivalence de la relation au réseau Internet,  vécue comme un retrait du monde réel. Le Net art va désigner désormais des créations interactives conçues par, pour et avec le réseau Internet, par opposition aux formes d’art traditionnelles transférées sur des sites-galeries et autres musées virtuels. Pour les mondes de l’art, l’originalité d’Internet tient à ce qu’il propose simultanément un support, un outil et un environnement créatif. En s'inscrivant dans cette articulation, « l'œuvre du Net art » se manifeste dans la conception de dispositifs interactifs, mais aussi dans la production de formes de vies en ligne, et de stratégies de communication en réseau. Le réseau Internet y est tout autant investi comme un atelier en ligne que comme un lieu d'exposition : c’est-à-dire comme l’espace de création, de communication et de réception active de la pratique artistique. La carrière de l’œuvre d’art y est envisagée comme un produit dynamique, plutôt que comme un bien statique, placée au cœur d’une négociation et reconfigurée par les multiples jeux d’acteurs qui s’en emparent.

L’artiste hacker - Inventeur d’œuvres et d’applications socio-techniques.  Les premières pièces vidéo de Nam June Paik ou celles de Wolf Vostell se sont notamment attachées à détruire la télévision, grâce aux sculptures vidéo autant que symboliquement, en intervenant à même la matière du médium par des altérations du signal vidéo. Les pionniers du Net art ont souvent dénoncé la prégnance d’un langage quasi exclusif d’organisation des données hypertextuelles (HTML) qui contribuait, selon eux, à accentuer le caractère uniforme de la majorité des sites Web, dans leur agencement aussi bien que dans l’apparence de leurs interfaces. Davantage centrés sur les coulisses de l’Internet, d’autres créateurs du Net art ont imaginé des navigateurs et des moteurs de recherche subversifs, dont leShredder de Mark Napier et Netomat de Maciej Winiewski sont des figures emblématiques. Poursuivant la logique plus ancienne du Mail art (ou de l’Art postal), les premières œuvres pour le réseau Internet ont tout d’abord promu une circulation d’e-mails artistiques. La galerie londonienne The Centre of Attention a consacré ce type d’action en invitant des artistes à produire des happenings informationnels par propagation et contamination des messageries électroniques. La lettre électronique, à mi-chemin de la performance d’artiste et de l’acte de langage, constituait une « communication d’auteur », participative et performative, dont la propagation a adopté les modes d'amplifications propres à la « rumeur ».                        Par-delà l'opposition traditionnelle de la grande culture et des médias de masses, le Net art conjugue ainsi la pratique médiatique et l'expérience esthétique de nouveaux dispositifs de création : jeux vidéos, cinéma praticable, installations numériques et interactives.